Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 14:09
ravel2Le pape Benoît XVI a nommé aujourd'hui, mercredi 7 octobre 2009, Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées françaises.

Il nomme Mgr Patrick Le Gal évêque titulaire d'Arisitum et  auxiliaire de l'archidiocèse de Lyon.

Un évêque qui n'est pas à la tête d'un diocèse est appelé évêque titulaire ou In partibus infidelium (
c'est-à-dire « dans les contrées des infidèles » en latin). Le diocèse d'Arisitum est un ancien évêché mérovingien dont la localisation n'est pas vraiment déterminée et qui se situerait autour d'Alès, Le Vigan, Arre ou Vissec.

 
logo_de_l_ema.jpgCommuniqué du Ministère de la défense :

Le ministre de la Défense a accepté la nomination, de monseigneur Luc RAVEL, de la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Victor, évêque aux armées, comme aumônier en chef du culte catholique. Il prendra ses fonctions le 29 novembre 2009.

 http://www.defense.gouv.fr/defense/breves/mgr_luc_ravel_nouvel_aumonier_en_chef_du_culte_catholique 
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 20:59
armes-le-gal-2.gifLe Saint-Siège annoncera demain, 7 octobre, le nom du successeur de Mgr Patrick Le Gal, actuel évêque aux Armées françaises.

Il recevra la consécration épiscopale le 29 novembre 2009 et sera 
nommé aumônier-en-chef du culte catholique à cette même date. 
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 17:43




21 avril  –  20 mai 2009

« Ô temps, suspends ton vol ! Et vous, heures propices, suspendez votre cours ! Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours ! (...) Mais je demande en vain quelques moments encore, le temps m'échappe et fuit. »  

 

Lamartine me pardonnera de lui emprunter quelques vers, mais le temps passe si vite ici ! Dans quelques jours, un avion de Maybe Airlines [1] nous reconduira vers la Mère Patrie.

Je n’ai pas eu le temps de vous écrire plus tôt, ces dernières semaines, qui s’annonçaient plutôt calmes après le pic de la Semaine sainte, ayant vu s’accumuler nombreuses activités mineures. Rien de passionnant à raconter la plupart du temps, à l’exception de… mais vous lirez plus bas ! Cela fait quand même une longue chronique… très longue…

Côté météorologie, je ne vais pas trop m’étendre pour ne pas vous rendre jaloux. En voyant les informations télévisées françaises, je pensais bien à vous et j’aurai aimé vous envoyer de ce beau temps que nous avions ici en abondance. Nos bons militaires, râleurs comme tout français qui se respecte, se plaignaient de conditions climatiques peu habituelles à cette saison au LIBAN. Ils regrettent maintenant ces périodes plus tempérées. J’avoue que, pour ma part, je suis ravi des 34°C à l’ombre que nous avions hier.

 

21 avril

 

C’était prévu et le planning des restructurations de la zone française de NAQOURA est respecté. Aujourd’hui, la chapelle déménage. Elle est transférée dans un Corimec près de l’actuel bureau du chef d’état-major. Á terme, toute cette partie du camp deviendra la zone vie. Mes successeurs  auront du travail pour l’aménager correctement. Certes, la pièce est plus grande, mais elle perd en cachet. Il nous faudra attendre pour habiller un peu les murs, le service du casernement étant actuellement submergé par les demandes de travaux. Heureusement, nous avons profité de ces mouvements pour remplacer nos chaises qui commençaient à dater. Des bancs sont commandés chez un artisan local.

 

24 avril

 

Aujourd’hui, c’est jour de fête chez les cavaliers qui fêtent leur patron, saint Georges. Au IVème  siècle, tous les sujets de l'empereur Dioclétien sont instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l'empire. Cet ordre est tout spécialement appliqué aux militaires, car il est le signe de leur fidélité aux ordres impériaux. Á Lydda, en Palestine, un officier, originaire de Cappadoce, refuse. Il est exécuté pour refus d'obéissance. Aux nombreuses fioritures morbides dont enrichit son culte la piété populaire, s'ajoute au XIème  siècle, la légende de la lutte victorieuse de saint Georges contre un dragon malveillant qui symbolise le démon. Selon une tradition bien établie au Liban, ces faits se seraient déroulés à BEYROUTH. Ce dont on est sûr, c'est qu'au IVème siècle, l'empereur Constantin lui fait édifier une église à Constantinople. Au SUD-LIBAN, proche de la PALESTINE, de nombreuses paroisses sont placées sous son patronage.

J’ai demandé aujourd’hui au Père Fady, religieux maronite et directeur du Collège CADMOUS de TYR, de célébrer la messe dans sa liturgie vénérable.

 

Le P. Fady EL MIR avant la messe

De toutes les Églises orientales, l’Église maronite est la seule qui soit entièrement catholique. Aux alentours de l’an 400, vécut dans les montagnes de Syrie un ermite du nom de Maron. On sait très peu de chose de ce solitaire, dont les disciples formèrent le noyau initial de cette Église. Près du lieu de sa mort s’édifia un grand monastère qui devint rapidement un centre spirituel pour les chrétiens locaux. L’Église maronite accepta le concile de Chalcédoine et fut même persécutée pour cela au VIème siècle. Elle n’est donc pas une Église monophysite[2]. Elle relève de la tradition antiochienne d’expression syriaque. Aujourd’hui, elle compte vingt-trois diocèses et deux vicariats au Liban, en Syrie mais aussi dans le monde entier comme en France, en Argentine ou en Australie. Le nombre de maronites est estimé à un peu plus de 3 millions.

Quelques caractéristiques du rite maronite : La messe maronite, de structure très différente de la messe romaine, est célébrée « dos au peuple », en langue syriaque et en arabe. La consécration est toujours en syriaque, langue qu'on appelait jadis du terme assez générique d'araméen, parlée par le Christ et les Apôtres. La principale anaphore – prière eucharistique – est celle dite « de saint Jacques ». Il en existe une trentaine d’autres, dont treize seulement sont utilisées, la plus usitée étant « l’anaphore des douze Apôtres ». Le patriarcat a récemment ajouté au missel l’ancienne anaphore de saint Pierre, appelée Charar (son premier mot). La chasuble a la forme de la chape dans la liturgie romaine. Les deux pans de l’étole sont cousus ensemble et le prêtre porte une ceinture et des manchettes ornées, de la même couleur que les autres ornements. Il tient à la main une petite croix dont il se sert pour les nombreuses bénédictions. Les charges de chorévêque, d’archiprêtre et de bardoût (visiteur) sont liées à celles de l’évêque. Elles donnent le droit de porter la crosse. L’Église maronite a adopté le calendrier grégorien dès 1606. Tous les patriarches portent le prénom de Boutros (Pierre, en arabe), en souvenir du ministère de l’Apôtre à Antioche.

La messe sous le Rubhall des COBRA


29 avril

 

Le mandat se termine bientôt pour les Français et c’est la saison des Medal parades. Entendez par là la remise de la décoration de la F.I.N.U.L. Cette décoration est accordée au nom du Secrétaire général des Nations Unies à tous les militaires ayant passé au moins 90 jours « au service de la paix » sur le théâtre. J’assiste à tout cela en spectateur, ayant déjà reçu cette décoration lors de mon séjour de 2004.

Aujourd’hui, c’est au tour du G.T.I.A. de recevoir ses médailles. Le général de division italien GRAZIANO, Force commander, préside la cérémonie. Samedi prochain, les militaires français de NAQOURA seront décorés par le général de BAVINCHOVE, représentant de la FRANCE au LIBAN.

 

 

Les Tirailleurs d’Épinal en tenue de tradition

 

4 mai

 

D’habitude, nous profitons du lundi matin pour souffler un peu à NAQOURA après la tournée express du dimanche sur les trois sites français. Ce matin, il en va différemment. L’affaire était entendue depuis quelques jours, mais je ne voulais pas en parler avant d’avoir passé la frontière : nous partons en Terre Sainte.

Le général de BAVINCHOVE me l’avait proposé lorsque j’étais allé me présenter à lui en arrivant sur le théâtre, mais j’avoue que j’avais cru alors qu’il s’agissait d’une promesse en l’air. Alors, quand, la semaine dernière, le colonel français, chef de la Liaison Branch entre le LIBAN et ISRAËL m’en a reparlé, j’ai sauté sur l’occasion.

En fait, si la procédure reste exceptionnelle et doit être justifiée par une mission concrète, elle est assez simple. On établit un Request for border clearance qui est visé par le chef d’état-major du contingent français et accordé par le chef d’état-major de la F.I.N.U.L., en l’occurrence le général REPFRANCE. Ledit Request est ensuite transmis par fax au poste de la Sureté libanaise à la frontière – à deux kilomètres au Sud du camp de l’O.N.U. – au poste F.I.N.U.L. du no man’s land et au poste frontière israélien.

Très simple, donc, sauf quand on apprend le jeudi matin au petit déjeuner que le Request n’est jamais arrivé au bureau du général et qu’il s’est perdu entre le secrétariat du chef d’état-major français et le chef d’état-major et qu’il n’est toujours pas signé 72 heures avant le départ. Là aussi, la conduite à tenir est simple : on pardonne – en la maudissant intérieurement – à la petite secrétaire qui se confond en excuses, on prend ses rangers les plus rapides, on établit une nouvelle demande et on court la faire signer partout en croisant très fort les doigts pour que le secrétaire du bureau de liaison ne rentre pas trop tard d’une mission à l’autre bout de l’A.O.R. et puisse envoyer les fax dans les délais.

 

 

 

Enfin, tout est bien qui finit bien, comme le dit le proverbe, et nous voilà partis pour la Palestine occupée alias Israël, selon les convictions de chacun. Employons l’expression traditionnelle de Terre sainte et tout le monde s’y retrouvera.

Notre Kangoo a déjà vécu bien des expéditions mais il ne se doutait certainement pas qu’il franchirait un jour cette frontière. Le poste libanais n’a pas l’air débordant d’activité. Il est armé par trois personnels des Forces de sécurité intérieure qui se contentent de vérifier que nos noms sont bien ceux portés sur le Request et nous souhaitent une bonne mission. Le passage au poste de la F.I.N.U.L. est encore plus rapide et, quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons au poste israélien. Quelques soldats casqués et armés font les cent pas derrière la barrière, mais personne ne semble s’intéresser à nous. Au bout d’une dizaine de minutes, un jeune sous-officier se présente enfin, vérifie la conformité de nos identités et nous fait entrer. Notre véhicule est checké au dessus d’une fosse par un soldat qui vient visiblement d’être tiré de son lit… Après un rapide passage sous un portique magnétique pour vérifier si nous ne portons pas d’armement, une jeune « soldate » nous fait renseigner des fiches et tamponne nos visas. Une vingtaine de minutes après nous être présentés nous entrons en Terre Sainte.

Tout au long de notre périple, une grande constante : à part l’excellent état du réseau routier et les cultures de la Plaine de Galilée que nous longerons au retour, rien ne nous dépayse vraiment du LIBAN. Mêmes paysages, même type d’habitat, même type humain, même saleté le long des routes, un mode de conduite automobile assez similaire hors agglomération, même kebabs et falafels. En revanche, les panneaux de signalisation routière, en plus de leurs inscriptions en alphabet occidental et souvent en arabe, sont en hébreu.

 

 

Sur la Route de JÉRUSALEM

Le but du jeu est maintenant de rallier JÉRUSALEM, à 205 kilomètres de la frontière. Cela parait très aisé quand on regarde Mappy ou Viamichelin, mais sur le terrain, on manque parfois d’indications. D’autant que la route que l’on est censé suivre n’est pas forcément celle qui est en face aux carrefours et que les stations-service (ne pas en chercher dans les kibboutz) ne proposent que des cartes renseignées en hébreu. Nous arrivons tout de même en fin de matinée.

Notre hôtel est situé à une petite demi-heure à pied de la Vieille Ville où nous nous rendons dès le déjeuner pris.

La Vieille Ville est un immense souk oriental dans lequel il n’est pas facile de s’orienter. Mais, de boutiques de tissus aux boutiques d’objets de piété en passant par les boucheries et les épiceries, nous arrivons à l’église du Saint-Sépulcre.

Bien avant la construction d'un édicule au-dessus du tombeau et d'une église (la première datant de 335), l'endroit était considéré comme le lieu de crucifixion et de sépulture de Jésus-Christ et tenu en vénération par la communauté chrétienne de Jérusalem qui s’est toujours rappelée du lieu, même lorsque le site fut recouvert par le temple d'Hadrien. Selon un juif ancien archéologue de la ville de Jérusalem, si l’on ne peut pas être absolument certains que le site de l'église du Saint-Sépulcre est bien le site de la tombe de Jésus, aucun autre lieu ne peut affirmer des arguments contraires de poids et il n’y a aucune raison de rejeter l'authenticité de l’endroit. Le Saint-Sépulcre lui-même est une petite pièce de 2 m 02 de longueur sur 1 m. de large. Trois ou quatre personnes peuvent s’y tenir à la fois. La banquette qui a reçu le corps de Jésus est cachée par des dalles de marbre blanc. On ne peut y rester qu’à peine trente secondes, un moine assurant à l’entrée la « régulation du trafic » pour permettre à tous d’entrer.

L’entrée de l’édicule renfermant le Saint Sépulcre

Ce jour-là, nous avons assisté à une cérémonie haute en couleurs. Des byzantins (catholiques ou orthodoxes) se pressaient – au sens littéral du terme – en procession au Tombeau pour célébrer la Résurrection du Christ. Ils tiennent des paquets de cierges allumés qu’ils élèvent en criant : « Χριστός Ανέστη ! Αληθώς Ανέστη ! Christos anesti ! Alithos anesti ! » « Le Christ est ressuscité ! Vraiment, Il est ressuscité ! » 

« Alithos anesti ! »

S’il est certainement impressionnant pour un simple touriste d’entre dans ces lieux chargés de deux mille ans d’histoire, à plus forte raison l’émotion est grande pour un chrétien et plus grande encore pour un chevalier du Saint-Sépulcre qui a l’obligation morale d’y accomplir au moins une fois dans sa vie un pèlerinage.

J’en profite pour faire un peu de pub et vous dire quelques mots sur l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem auquel j’appartiens. Sa fondation a longtemps été attribuée à Godefroy de Bouillon, après la prise de Jérusalem par les croisés en 1099, mais tire plus probablement ses racines du corps de chevaliers recrutés localement au XIIème siècle pour la défense du royaume latin de Jérusalem et dont les adoubements paraissent avoir été célébrés dans l'église du Saint-Sépulcre. L'Ordre prend son essor historique en 1335, date de la récupération du Saint-Sépulcre par les chrétiens et les franciscains, permettant ainsi la reprise des pèlerinages en Terre Sainte. Conféré militairement par un chevalier reconnu par les papes et les souverains, il est tout au long des XIVème  et XVème siècles inspiré par l'idéal de chevalier chrétien formulé par saint Bernard et incarne la fidélité à l'esprit et à l'idéal des croisades. Il passe à l'extrême fin du XVème siècle sous le contrôle direct des Pontifes romains.

La mission actuelle de l’Ordre est définie par le pape. Ses membres s’engagent à soutenir matériellement et spirituellement les chrétiens de Terre sainte et les œuvres du patriarcat latin de Jérusalem. Il y a en Palestine d’importantes communautés chrétiennes depuis les premiers temps du christianisme et jusqu’à nos jours sans discontinuer. Aujourd’hui, les populations catholiques arabophones se trouvent souvent en état de discrimination. L’accès aux études universitaires ne leur est pas facilité. De ce fait, on assiste à un véritable exode de nombreux membres de ces communautés qui se trouvent ainsi affaiblies et incapables de se suffire à elles-mêmes. L’Ordre a donc pour objet de financer, en toute priorité, le diocèse patriarcal latin de Jérusalem. Celui-ci compte 72.000 fidèles répartis dans une soixantaine de paroisses situées dans l’Etat d’Israël, sur les territoires de Cisjordanie et de Gaza, dans le Royaume Hachémite de Jordanie et en République de Chypre. Le clergé compte un patriarche, deux évêques, quatre-vingt prêtres auxquels s’ajoute la congrégation palestinienne des Sœurs du Saint Rosaire forte d’une centaine de religieuses. En plus du grand séminaire de Beit Jala accueillant une soixantaine d’étudiants, le patriarcat latin compte des jardins d’enfants, des dispensaires et des maisons pour personnes âgées et handicapées. C’est sur cet ensemble que l’Ordre est appelé à intervenir, en particulier pour l’entretien et le développement de tout le réseau éducatif. Président de la Conférence des Evêques latins des régions arabes, le patriarche joue un rôle important au proche orient tout en appartenant au Synode des évêques, organe de l’Eglise universelle.

Dans l'entrée de la basilique se trouve la Pierre de l'Onction, une dalle de calcaire rose, entourée de candélabres et surmontée de huit lampes, qui correspond à la XIIIème station du chemin de croix, la Via Dolorosa, qui parcourt les rues de JERUSALEM. Selon la tradition, il s'agit du lieu où le corps de Jésus aurait été préparé pour la sépulture, non loin de la croix.

 

 

La Pierre de l’Onction


5 mai

 

Nous poursuivons notre visite des Lieux saints. Aujourd’hui, nous « donnons » dans l’interreligieux puisque nous commençons par le Mur occidental, plus connu sous le nom des Lamentations. Ce mur est un vestige du mur d'enceinte, érigé par Hérode afin d'étendre le plateau quasi naturel sur lequel les temples de Jérusalem avaient été construits. Le pan de 57 mètres de long visible n'est en fait qu'une partie de la muraille occidentale, de 497 mètres de long. Le reste est actuellement situé pour une partie dans le quartier arabe de la ville, utilisé comme quatrième mur par les maisons attenantes, et, pour l'autre, enterré sur plus de 200 mètres. Le Mur des lamentations est révéré par les juifs pour sa proximité avec le Saint des Saints du Temple, détruit par TITUS en 70 après Jésus-Christ, lieu le plus saint du judaïsme.

Le Temple construit par SALOMON était le signe qui garantissait l’accès direct – bien que voilé – au Seigneur parce l’Arche d’Alliance – auparavant placée par DAVID sous une tente au même endroit, était dans le Saint des Saints. Le Seigneur était présent au dessus. À une époque inconnue, sans doute à la destruction du temple par NABUCHODONOSOR, en 586 avant Jésus-Christ,  l’Arche disparut. Malgré cette perte, la présence du Seigneur continua à demeurer dans la maison. Le Mur occidental est donc considéré comme l'endroit le plus saint accessible aux juifs qui viennent y prier à toute heure. Des arches saintes contenant des rouleaux de la Torah ainsi que des tables pour y lire ont été aménagées, ce qui fait techniquement du mur une grande synagogue à ciel ouvert. Une cloison séparant hommes et femmes a également été installée. Les musulmans le nomment depuis les années 1920 El-Bouraq, du nom de l'un des chevaux de Mahomet lorsqu'il fit le voyage nocturne dont il sera question plus bas.

Le Mur occidental, devant lequel il faut avoir la tête couverte

 

      

Des juifs orthodoxes portant le châle de prière, ou talith

 

Au dessus du Mur occidental, sur l’emplacement du Temple d’Hérode, se trouve l’esplanade appelée Mont du temple par les chrétiens, esplanade du temple par les juifs dont elle est le premier lieu saint, et esplanade des mosquées par les musulmans qui la considèrent comme le troisième lieu saint de l'islam après La Mecque et Médine. Pour eux, Jérusalem est Al-Quds ( La Sainte). Pourtant Jérusalem n’est pas la ville où l’islam a été fondé. Les musulmans se référent à une expérience mystique vécue par Mahomet.

Selon le Coran, c'est là que la foi d'Abraham est testée par son Dieu dans l'épisode du sacrifice de son fils ainé, Ismaël (Isaac selon la Bible, les récits du Coran et de la Bible ne s'accordant pas sur le nom du fils impliqué). Pour les musulmans, cet endroit est surtout le point d'où Mahomet est monté au paradis lors de Isra et Miraj, le voyage nocturne que Mahomet a fait de La Mecque au  « Lieu le plus lointain » Al-Aqsa – considéré comme étant Jérusalem – emporté par la jument Al-Bouraq  (l’éclair). Arrivé sur les lieux, il attacha sa monture devant la porte de la mosquée où il entra accomplir deux génuflexions et inclinaisons dans une prière dite de salut. Ensuite, il fit une ascension à travers les cieux par une échelle de lumière en compagnie de l'archange Gabriel. Il rencontra Jésus, Jean-Baptiste, Adam, Abraham et d’autres prophètes. Puis il retourna à La Mecque la même nuit.

 

 

Érigé sur l'esplanade de l'ancien temple d'Hérode, le Haram al-Sharif  (« le noble sanctuaire »), et recouvrant le rocher sur lequel, selon la Tradition, Abraham devait offrir son fils en sacrifice, le Dôme du Rocher (Qubbat As-Sakhrah), appelé parfois « mosquée d'Omar » fut construit par le calife Abd el-Malik entre 688 et 691. Grâce à son emplacement sur un lit de pierre, les nombreux tremblements de terre au travers des siècles n'ont pas causé de dommages importants au bâtiment (contrairement à la mosquée voisine d'Al Aqsa). Achevé en 691 ou dans la seconde partie de l'année 692 selon les chercheurs, il constitue donc l'un des plus anciens monuments de l'islam.

Le sanctuaire fut couvert de plomb dès 691 jusqu'à son remplacement par un revêtement de coloris doré en 1965. A cause de la rouille, le revêtement d'aluminium anodisé fut encore changé en 1993 par un revêtement en or.

Dès le règne de DAVID, ce rocher était l’autel sur lequel étaient offerts les sacrifices d’animaux au Dieu d’Israël. Devant le premier Temple, construit par SALOMON, cet autel des holocaustes faisait, selon le 2ème Livre des Chroniques, 20 coudées en long et en large, et 10 de hauteur (9 m sur 4,50 m). En son centre, se trouve un trou, toujours visible, par lequel s’écoulaient le sang et la graisse des animaux sacrifiés.

Selon la tradition arabe, les Musulmans reconnaissent sur le Rocher Sacré l’empreinte du pied du Prophète lors de son élan vers le ciel. Au dessus du rocher est suspendue une urne d’argent dans laquelle seraient conservés quelques poils de la barbe du Prophète.

Tout le monde n’a pas la chance d’être le pape… Je n’ai donc pas pu entrer. Jusqu'en 1998, l’accès était autorisé aux non-musulmans munis d'un billet d'entrée.

 

      

Sur l’esplanade des mosquées

 

      

Devant le Dôme du Rocher avec l’aumônier musulman Soufiane El Bariki

 

La mosquée Al-Aqsa fut construite sous le règne d'Abd al-Malik. Elle compte 15 arcades qui ont souffert d'un certain nombre de tremblements de terre et ont été restaurées à plusieurs reprises. Aucune n'a été intégralement préservée, à l'exception de celles du mur sud.

Sous les Croisés, la mosquée fut transformée en église. Un important retrait, qui existe encore, fut aménagé sur le côté est correspondant au plan des églises qui ouvrent vers l'Orient.

La mosquée actuelle possède neuf entrées, dont sept sont situées dans le mur nord, l'une dans le mur ouest et la dernière à l'est. Le mur nord est doublé par une colonnade composée de sept piliers de pierre soutenant des voûtes entrecroisées. Elle donne sur la place du Haram al-Sharif par une importante ouverture sous un vaste arc brisé.

Le plan au sol de la mosquée mesure 50 x 80 m. Il comprend sept nefs orientées nord-sud, la centrale étant la plus large et la plus haute. Les trois colonnades ouest sont soutenues par d'importants piliers, celles de l'est par une succession de colonnes de marbre importées d'Italie lors de la restauration de cette partie par le Haut Conseil islamique dans la première moitié du XXème siècle. À l'extrémité sud de la nef centrale s'élève une coupole hémisphérique en bois soutenue par des trompes. Au-dessous se dresse un superbe mihrab (chaire) édifié sur l'ordre de Salah al-Din Ayyoubi (Saladin) lorsqu'il libéra la mosquée de l'occupation croisée en  1187 après Jésus-Christ.

 

Mosquée Al Aqsa

 


Intérieur de la mosquée Al Aqsa

Cet après-midi, nous nous rendons à BETHLEEM.

Située à environ cinq kilomètres au sud de Jérusalem, la ville biblique de Bethléem (en hébreu, Beit Lehem signifie la maison du pain) est mentionnée pour la première fois dans le Livre de la Genèse (35, 19) qui rapporte que Rachel mourut en couches près de Bethléem sur la route d’Efrat, et que Jacob dressa un monument sur sa tombe. Bethléem est cependant plus connue, dans la tradition juive, en relation avec le roi David et, dans la tradition chrétienne, comme le lieu de naissance de Jésus.

Des fouilles archéologiques indiquent qu’à l’époque du premier Temple, la ville fortifiée était située dans le secteur de la basilique de la Nativité et que les grottes situées sous cet édifice avaient probablement été utilisées comme des dépendances des habitations privées (débarras, écuries, etc.). Cette utilisation des grottes et de logements taillés dans le roc était courante dans la région jusqu’à l’époque moderne. Au IVème  siècle, l’une de ces grottes devint un lieu saint considéré comme le site traditionnel de la Nativité.

L’actuelle basilique est l’église consacrée la plus ancienne du monde. Elle fut construite par l’empereur byzantin Justinien (527-565) sur le site dune basilique plus ancienne érigée par l’empereur Constantin, en 325.

 

      

Au fond, la basilique de la Nativité

      

La grotte de la nativité : VERBVM CARO FACTUM EST

      

Policiers palestiniens

 

On ne peut pas parler de BETHLEEM sans évoquer ce que certains, même dans les rangs israéliens, le « mur de la honte ».

La barrière de séparation construite par Israël en Cisjordanie sous le nom de « clôture de sécurité » (security fence), dans le but officiel d'empêcher physiquement toute « intrusion de terroristes palestiniens » en Israël. Cette construction, dont le tracé de près de 700 km est controversé et n'a pas été foncièrement modifié malgré les pressions internationales, consiste dans sa longueur en une succession de murs, de tranchées et de portiques électroniques.

Pour quitter ISRAËL, nous n’avons pas eu de problème. Au pied de notre hôtel, nous avions pris un bus qui s’est légèrement détourné de son itinéraire afin de nous déposer devant le poste de contrôle israélien. Sur présentation de nos ID cards de l’O.N.U., nous sommes passés avec le flot de Palestiniens qui rentraient de leur travail à JÉRUSALEM.

Au retour, c’est « une autre paire de manche ». Déjà, il y a beaucoup moins de passage dans ce sens, vu l’heure tardive. Ensuite, il n’est pas facile de trouver l’accès au contrôle. Nous vivons un court instant d’inquiétude en constatant que les passages semblent fermés. Enfin, un feu vert s’allume et nous passons sous les portiques électroniques. Je les avais trouvés bien sensibles à l’aéroport de ROISSY, mais ce n’était rien à côté de ceux-ci qui sonnent sans qu’apparemment je n’aie rien de métallique sur moi. J’avais consciencieusement vidé mes poches, à l’exception d’un paquet de cigarettes dont l’aluminium a mis en émoi la sécurité israélienne ! Mais les difficultés continuent.

Au check point où nous étions passés sans encombre un peu plus d’une heure auparavant dans l’autre sens, une fonctionnaire zélée exige nos passeports. J’ai beau lui expliquer que nous sommes entrés avec nos cartes de l’O.N.U. et que nous n’avons pas de passeport, rien n’y fait, elle veut voir nos passeports. J’ai alors la lumineuse idée de lui montrer le visa de séjour qui porte le numéro de mon ID card et une lumière d’intelligence semble éclairer un instant son regard. Elle me rend le tout et demande les documents de mon camarade d’infortune. Las ! Elle n’avait pas remarqué à la première lecture que son nom de famille ne sonnait pas vraiment le Breton… et elle conserve lesdits documents en redemandant… devinez ? Nos passeports ! Depuis longtemps, les quelques Palestiniens qui faisaient la queue derrière nous avaient changé de file… Les vexations quotidiennes, ils connaissent…

Je conçois tout à fait que nous ayons la tête de deux dangereux terroristes, mais pour aller mettre en jeu la sécurité d’ISRAËL il faut que nous rentrions à l’hôtel. Je hausse donc le ton et, dans un anglais que je ne soupçonnais même pas pouvoir parler, lui explique que nous sommes membres de l’O.N.U., par conséquent, sous statut diplomatique et que si elle ne veut pas bouffer son M16 elle a intérêt à appeler son chef fissa ! Elle se décide enfin à décrocher son téléphone et à appeler le policier chef de poste. Celui-ci arrive rapidement et nous demande… nos passeports. Heureusement, il n’insiste pas quand nous déballons ID cards et visas et nous souhaite un bon séjour en ISRAËL.

 

      

Vue sur Jérusalem, depuis Bethléem

      

Vue sur Jérusalem, toujours depuis Bethléem.

6 mai

 

Les meilleures choses ont une fin et il nous faut rejoindre nos unités cet après-midi. Nous mettons donc cette dernière matinée à profit pour revoir une dernière fois les Lieux saints et visiter au pas de course les échoppes de la Vieille Ville. Nous ne sommes que début mai et le souk n’est pas encore encombré de touristes, mais la population locale suffit à l’animer. On y retrouve la même vie que dans les souks d’Afrique du Nord, celui de MARRAKECH, par exemple. Mais on sent partout l’antiquité du site. Portes, salles en croisée d’ogive, dallage, tout rappelle au visiteur le Moyen Âge supérieur.

Par la plus grande des coïncidences, un des assistants militaires du REPFRANCE est à JÉRUSALEM en ce moment. Comme tous les personnels qui séjournent six mois ou plus sur un théâtre étranger, il a droit à deux semaines de permissions. Il a donc choisi de les passer en Terre sainte où son épouse et leurs trois petites filles l’ont rejoint. Ce midi, nous sommes invités à déjeuner avec eux à l’appartement qu’ils ont loué tout près de la Vieille Ville. L’ambiance est assez « décalée », comme l’on dit de nos jours. L’appartement est loué à des israélites français qui sont venus s’installer en ISRAËL. Avec ses commodes Louis XVI et la coupe de cheveux des filles du commandant, on est sur un îlot versaillais au milieu du MOYEN ORIENT !

Nous quittons rapidement nos hôtes après le déjeuner, l’horaire de passage à la frontière étant impératif, et regagnons le LIBAN en longeant la Plaine de GALILÉE. Pour nous embêter, un méchant clou a élu domicile dans un pneu du Kangoo. Heureusement, ce dernier accepte de bonne grâce un peu d’air comprimé à chaque station service et nous pouvons arriver à l’heure au poste frontière.

Le poste frontière de Roch Hanikra vu d’Israël

      

Le poste de l’O.N.U., côté Liban

 

8 mai

 

Pour la dernière fois de ce mandat, je suis en liaison à BEYROUTH. L’armistice est commémoré chaque année au monument aux morts de la Résidence des Pins et une délégation française de la F.I.N.U.L. assure les honneurs militaires. Je remarque que les troupes sont beaucoup moins nombreuses que lors de mon dernier mandat libanais. De mémoire, le piquet d’honneur avait en 2004 l’effectif d’au moins un peloton, alors qu’aujourd’hui c’est un groupe de combat qui présente les armes.

La cérémonie est placée sous la présidence de M. André PARANT, ambassadeur de France, qu’accompagne le général de BAVINCHOVE et plusieurs généraux libanais et franco-libanais de la 2ème section.

Après l’hommage aux morts et deux remises de décorations par l’ambassadeur et le REPFRANCE, M. PARANT et son épouse nous reçoivent à la résidence. Je vous ai déjà montré quelques photos des magnifiques salons. Pas de Ferrero rochers, comme le prévoit la publicité, mais de bons canapés et – le règlement du service intérieur de nos unités qui interdit les alcools forts ne s’appliquant pas ici – du whisky !

 

 

10 mai

 

Depuis le début du mandat, notre aumônier protestant m’avait transmis l’invitation du Pasteur SARKISSIAN à assister à un culte dominical au temple de l’Église Protestante de Langue Française. Nous avons donc profité de la liaison du 8 mai pour rester jusqu’à ce matin à BEYROUTH.

La communauté francophone protestante n’est pas nombreuse et plutôt vieillissante, mais elle est animée par un pasteur très dynamique. Il a dû, au moment de la guerre civile libanaise, quitter son presbytère situé à KRELTEM, dans la partie musulmane de Beyrouth, et y laisser toute sa famille pour aller se réfugier du côté chrétien. Mais pendant toute la durée de la guerre, il est revenu dans son église tous les dimanches, au péril de sa vie, pour y assurer le culte.

L’épouse du pasteur, Thérèse, adorable franco-libanaise – qui refuse d’utiliser sa carte d’identité libanaise tant que son mari n’aura pas obtenu la nationalité ! – tient l’antique harmonium à pédale du temple qui soutient le chant.

Après le culte, les paroissiens sont conviés à un café au presbytère. C’est l’occasion de discuter avec des français installés depuis longtemps au LIBAN et qui, manifestement, s’y trouvent bien. Puis nous prenons un copieux déjeuner libanais préparé par Thérèse. Nous allons ensuite visiter le Collège protestant français, héritier depuis 1925 du collège-orphelinat fondé en 1862 par les Diaconesses allemandes de Kaiserswerth. En effet, en application du traité de Versailles, celui-ci avait dû être remis à une association protestante française.

    

 

Au presbytère du pasteur Sarkissian

13 mai

 

Aujourd’hui, je devais passer la journée avec le colonel du C.G.O.M. (Commandement de la gendarmerie d’Outre-Mer) venu visiter les brigades prévôtales. Mais c’est bien l’armée : avant d’exécuter un ordre, toujours attendre le contrordre, afin d’éviter le désordre ! Appel téléphonique à 7 heures et demi ce matin : Finalement, la journée se résumera au dîner « prévôtal » que nous prendrons chez Joseph ce soir après que je serai allé faire acte de présence au buffet organisé par le général en l’honneur de la présence du général I.F.O.D.T (Inspecteur des forces en opération et de la défense du territoire). Quand je vous disais que la saison était propice aux visites !...

Quoi qu’il en soit, je me retrouve avec un après-midi à occuper. Comme je devais de toute façon me rendre à 2-45, autant utiliser le temps agréablement. Je déjeune donc avec le médecin-chef et son chef de secrétariat, puis je sacrifie enfin à la tradition préférée du poste médical : la pétanque !  Le match est rude ! Mon équipe perd après des débuts prometteurs et une lutte acharnée…

Enfin d’après-midi, nous partons sur NAQOURA. En passant près d’un campement de travailleurs agricoles syriens, juste en face du camp chinois de la F.I.N.U.L., des enfants nous font de grands signes amicaux. Nous distribuons par la portière quelques paquets de biscuits de campagne qui traînaient dans la voiture. Évidemment, une grand-mère sort de suite et nous invite à prendre le thé. Nous entrons quelques instants, mais nous ne sommes pas très en avance sur l’horaire. Nous promettons donc de revenir dîner lundi prochain.

 

Abderrahmane, papa de Brahim et Zineb, leur maman et leur grand-mère

      

Brahim et Zined

 

18 mai

 

Ce matin, visite au Père Maroun. Depuis 2005, le curé d’ALMA SHAB assure la permanence de l’aumônerie militaire catholique française à NAQOURA. Même si le poste d’aumônier a été rétabli dès 2006, le Père Maroun continue de célébrer au camp des offices en semaine. Depuis quelques temps, il ne peut plus accéder à la chapelle, son ID card, périmée, lui ayant été retirée par le poste de contrôle italien. Autre problème, les ID cards ne sont maintenant délivrées que sur présentation d’un contrat de travail entre l’autorité militaire et la personne concernée. Difficile pour le colonel d’établir un contrat de travail pour célébrer la messe ! L’évêque aux Armées ne m’en voudra pas – j’espère – mais il fallait trouver une solution. J’ai donc, en son nom, signé une convention entre lui et l’archevêque maronite de TYR – le Père Maroun a signé à sa place ! – désignant le curé d’ALMA SHAB comme adjoint de l’aumônier catholique français. A priori, les trois exemplaires visés par le chef d’état major, cela devrait faire office pour la F.I.N.U.L.

Ce soir, nous dînons chez Abderrahmane. Chose promise, chose due, mais nous arrivons avec une bonne heure de retard, car il n’est pas toujours facile de se libérer pour un dîner en fin d’après-midi, surtout en ces périodes de relève et de déménagements. Il y a toujours quelqu’un à voir, un coup de téléphone à passer ou un document à signer.

Nous sommes donc attendus comme le Messie et assis ou couchés par terre, nous nous sommes régalés de poulet grillé et de brochettes d’agneau jusqu’à tard dans la soirée. Si les femmes n’avaient pas préparé pour vingt convives c’est qu’elles n’avaient préparé pour personne !

Dîner à l’orientale

    

Les enfants sont les mêmes partout…


19 mai

La fin du mandat approche. Il est temps de jouer à l’officier welfare (en français : bien-être). Le poste existait jadis au tableau des effectifs du contingent français. Son rôle consistait à se promener sur tout le LIBAN, de repérer sites à visiter, piscines où se détendre et hôtels ou dormir pour permettre aux soldats, cinq ou six fois au cours du mandat, de faire autre chose que monter la garde et de visiter un peu le pays sur lequel il sont venus servir la paix.

Restrictions budgétaires, commandement frileux, mission trop prenante ? Sans doute un subtil mélange de tout cela. Peu importe, le fait est que la plupart des soldats français ne connaissent du pays que les routes entre les camps et leurs itinéraires de patrouilles. Ah si, pour les plus chanceux, les restaurants de Mainguy Street à NAQOURA…

Pour récompenser ses capitaines de l’excellent travail réalisé, le « patron » du détachement logistique les a autorisés à passer un après-midi à TYR en notre compagnie. Nous commençons – les militaires mangent beaucoup, me direz-vous, mais c’est parce qu’ils exercent un métier difficile – par déjeuner au souk. Je garde en mémoire l’expression de surprise qui s’est affichée sur leur visage lorsque nous les avons fait entrer dans une boucherie ! J’y avais déjà déjeuné avec notre aumônier musulman et nous pouvions attester de la bonne qualité de la viande. Bien sûr, il ne faut pas craindre de manger avec les mains et de s’accouder sur les pages de journal tenant lieu de nappe.

    

Fondée en 2750 avant Jésus-Christ sur une série d'îlots rocheux, la cité de TYR prit une extension telle que, au Xème siècle, son roi HIRAM en fit une seule grande île en en comblant les lagunes. C'était l'époque où le roi SALOMON construisait son Temple, et c'est à HIRAM qu'il s'était adressé pour que celui-ci lui envoyât ses architectes et ses maçons, réputés pour leur habileté. SALOMON voulait construire à Yahvé un temple aussi important que celui de Melqart, dieu de TYR. Le Temple de Melqart n'était pas le seul sujet d'admiration des anciens. Le commerce de TYR, son industrie, sa beauté émerveillaient les contemporains.

La Bible la loue dans ces termes: « Ton empire s'étend par-delà l'Océan. Tu portes ton commerce dans les îles lointaines » ... Allusion aux comptoirs phéniciens parsemés dans toute la méditerranée: CARTHAGE qu'elle fonda, MARSEILLE, CADIX, etc. Plus loin, elle parle de son industrie: « Par l'abondance de tes richesses, tu enrichissais les rois de la terre », allusion à ses industries de la pourpre et de la verrerie. Et enfin, s'agissant de sa beauté: « Tyr, c'est toi qui as dit : Moi, je suis parfaite et beauté... Tes constructeurs ont parachevé ta beauté. »

Mais elle connut aussi la colère de Yahvé : « Voici, dit le Seigneur, j'en veux à toi, Tyr. Et je ferai monter contre toi plusieurs nations, comme la mer fait monter ses flots ». En effet, TYR était aussi une place forte: elle constituait, de par sa position géographique, un point stratégique de grande importance qui, malgré la malédiction du Dieu d’ISRAËL, sut résister par la qualité de ses défenses et le courage de ses habitants aux plus grandes invasions. Elle tint en échec l'armée assyrienne de NABUCHODONOSOR pendant treize ans, alors que le reste de la PHÉNICIE s'était rendue depuis longtemps. Si elle finit par se rendre à ALEXANDRE LE GRAND en 332, elle le fit au bout de sept mois, et seulement après que celui-ci eût fait construire une digue qui unissait l'île à la terre. Elle avait été la seule ville à avoir tenu tête au jeune conquérant, et elle paya cher son arrogance : ceux de ses habitants qui ne moururent pas pendant la bataille, furent mis en croix aux portes de la ville.

Au début de l'ère chrétienne, elle fit partie de l'Empire romain. C'est la TYR de cette époque que l'on voit exhumée : un premier chantier est constitué d'une nécropole romaine et byzantine, bordée de sarcophages de marbre sculpté, la plupart représentant des scènes tirées soit de l'Odyssée, soit du mythe de Phèdre.

D'autres sarcophages portent des sculptures illustrant certains épisodes de la vie d'Achille extraits de l'Iliade d'HOMÈRE, notamment celui où le roi PRIM de TROIE offre de précieux présents à ACHILLE, pour lui racheter le corps de son fils HECTOR. La "Rançon d'Hector" était l'un des thèmes favoris de l'art funéraire de l'époque, ce qui indique combien la notion de survivance de l'âme était ancrée dans l'esprit des Grecs et des Romains. Plusieurs de ces sarcophages portent des inscriptions grecques indiquant le nom et le rang du défunt. Parmi elles, on relève ceux de riches fabricants de pourpre.

Á gauche de cette nécropole s'étend un hippodrome, l'un des plus importants et des plus grands du monde romain. Il est absolument époustouflant par ses dimensions gigantesques. Construit au cours du IIème siècle de notre ère, il fut recouvert avec le temps, par six mètres de sable apporté par les vents et redécouvert récemment. Il servit de cadre au tournage de BEN HUR, avec Charlton HESTON, en 1959.

Comme à l'époque romaine, la ville encercle le site, sauf que cette ville est maintenant moderne, et que les colonnes se découpent sur fond de barres et de tours de béton sale, avec la mer en toile de fond. On y voit parfois des élèves en train de faire leur gymnastique : l'hippodrome sert de stade aux écoles du coin, une manière de le faire participer à la vie moderne.

Cet hippodrome, conçu pour les courses de chars, en forme de U ou d'épingle à cheveux, pouvait contenir plus de vingt mille spectateurs. Un axe spinal, marqué à ses extrémités par des bornes de pierre (metae), divisait le parcours en deux voies. La course consistait à accomplir sept fois le parcours. Le moment le plus dangereux était celui où les chars couraient à toute vitesse autour des metae pour repartir en sens inverse : des accidents spectaculaires avaient souvent lieu.

L’hippodrome

 

La ville, située en arrière plan du « port égyptien », c'est à dire du port Sud, est traversée par une rue flanquée de portiques, entourée de thermes, d'un marché, d'un théâtre dans lequel avaient lieu tous les cinq ans l'équivalent des jeux olympiques, les jeux actiaques, qui se composaient d'exercices gymnastiques, de combats équestres et de concerts.

    

 

Le troisième chantier historique de TYR est une cathédrale de l'époque des Croisés. Cette cathédrale est construite avec des matériaux de récupération, principalement des colonnes en granit rose d'Assouan. Sous cette cathédrale, ou dans les environs immédiats, les archéologues espèrent trouver le temple de Melqart. Malheureusement je n’ai pas de photographie du site.

 

20 mai

 

Quand j’ai commencé à rédiger cette chronique il y a quelques jours, je vous parlais de Maybe Airlines. Gagné ! Nous apprenons ce soir que tous les vols sont décalés de quatre jours pour cause de voyage du Premier ministre qui a besoin de nos avions pour emmener les journalistes… Mais nous repartirons bien un jour vers la France.

Cette vraiment très longue chronique est vraisemblablement la dernière de ce séjour libanais. Merci de l’avoir lue. Puisse-t-elle ne vous avoir pas trop ennuyés. Á tous, je dis : « à bientôt ».



[1]  Surnom donné par les militaires projetés en opération aux avions de l’Armée de l’air qui nous transportent. En effet, avant d’être arrivé à destination, nul n’est en mesure de savoir avec certitude quand il décollera, ni quand il atterrira, ni quel(s) avion(s) l’y aura(ont) mené… Un ami aviateur qui lit ces chroniques ne me démentira pas… N’est-ce pas, Alex ?

[2] La doctrine chrétienne s'est construite à l'origine autour du symbole de Nicée, c'est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirmaient que le Fils n'a qu'une seule nature et qu'elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ.

Par Oncle Jeff, - Publié dans : Chroniques libanaises
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 16:17

4 avril –  12 avril 2009

 

 

5 avril

 

En croisant le général, il me demande où je vais dîner ce soir. Nous avions prévu d’aller chez MOUSSA, le général aussi. Nous fixons donc rendez-vous. En l’attendant au restaurant, nous allons fumer un arghilé dans la cour. C’est l’occasion de promouvoir un peu la langue française. Dans les écoles publiques des villages, les enfants commencent souvent par apprendre l’anglais avant la langue de Molière et ils ont par la suite des difficultés avec l’apprentissage d’une quelconque autre langue, celle de la « Perfide Albion » ne donnant pas une grande ouverture d’esprit ! La fille de MOUSSA doit donc savoir dire « chat » plutôt que « cat » et « vache » plutôt que « cow »…

 

Leçon de Français

Général oblige, MOUSSA s’est surpassé ! Je n’avais jamais vu une daurade aussi grande. En voyant le papier d’aluminium posé sur le barbecue dehors, je pensais qu’il s’agissait d’une pièce de bœuf. Même à neuf convives et découpée par le général en personne, nous n’en sommes pas venus à bout. Soirée bien sympathique en tout cas.




6 avril

 

Je sais enfin ce que signifie L.R.P. : Long Range Patrol. Dans le cadre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations-Unies, la Q.R.F (Force de réaction rapide) conduit régulièrement des opérations dans toute la zone de responsabilité de la FINUL.

Cette fois-ci, elle est déployée depuis samedi sur le secteur Ouest. L’objectif est de projeter l’ensemble des unités durant cinq jours et nuits en totale autonomie. La mission consiste à détecter les activités hostiles tout en faisant porter l’effort sur les procédures communes et les mesures de coordination avec les autres brigades. En fait, il s’agit surtout de montrer la force au pays voisin pour le dissuader de recommencer comme en 2006…

Ayant accompli mes missions habituelles ce dernier week-end, je ne rejoins le dispositif qu’aujourd’hui. Bien que le vent soit un peu frais sur les hauteurs, le temps est magnifique. Certes, la guerre ne choisit pas la météorologie, mais il est plus agréable de la faire sous le soleil !

Toute la force est de sortie et l’on peut facilement se retrouver derrière un char Leclerc ou un canon AU F1. Vu le réseau routier du Sud-Liban, il faut prendre son mal en patience et suivre au pas…

 

 

Derrière un char Leclerc

Heureusement il quitte l’axe principal…

 

 

Les soldats du poste libanais vont devoir pousser les barrières…

 

Un V.B.L. (véhicule blindé léger)

 

6 avril

 

Cela devient une habitude : je pars à BEYROUTH accompagner les prévôts. C’est le premier contact à l’ambassade de France du nouveau conseiller gendarmerie, arrivé depuis peu et il souhaite profiter de la liaison pour visiter un peu la ville.

Donc, direction le MI8 habituel qui part deux heures plus tôt que d’habitude. Il est exceptionnel qu’on ait réussi à nous prévenir hier soir. J’ai donc pu avertir ADEL, notre fidèle taximan, qui doit nous attendre à notre arrivée. Mais voilà, à l’aéroport international, pas d’ADEL en vue… Il est bloqué à un barrage sur la route d’accès. Comme cela est assez fréquent en cette période pré-électorale, des étudiants proches du parti AMAL et du parti HEBOLLAH sont en train de copieusement s’étriper…

C’est donc avec plus d’une heure de retard sur l’horaire que nous avions prévu que nous arrivons chez l’attaché de défense. Nous aurons quand même le temps de voir un peu la capitale.

Bon… je vous ai envoyé pas mal de photos de BEYROUTH, vous connaissez déjà. Ah si ! Les thermes romains, alias « le jardin des amoureux », situé au pied du Grand Sérail, où les jeunes gens vont se promener le soir quand il fait beau et se tenir par la main sur les bancs publics, un peu comme dans la chanson de BRASSENS. Mais ils ne se bécotent pas, cela ne se fait pas ici !

Les thermes romains

 

Le soir au retour, dîner en famille chez ALI.

 

7 avril

 

 

Le PC tactique de la Q.R.F., installé sur une emprise italienne

 

Après cet intermède beyrouthin, retour sur la L.R.P.

Si le poste de commandement de la force de réaction rapide est facile à trouver – en plus il n’a pas changé d’emplacement depuis lundi – les unités déployées ne sont pas toujours faciles à trouver. Non pas que leurs positions soient mal définies, mais la cartographie onusienne est parfois surprenante ! En vieux topographe, je sais bien qu’il faut se fier au nivellement, pas à la planimétrie, mais voilà, nous ne sommes pas des fantassins se déplaçant avec leurs seules rangers et le KANGOO n’est pas un hélicoptère. D’où la nécessité de trouver des voies d’accès adaptées à un véhicule de la gamme commerciale. Or, d’une part ma carte au 25.000ème  ne couvre que la zone de responsabilité française et la planimétrie y est la plupart du temps différente de celle de la couverture au 50.000ème et aucune ne correspond à la réalité sur le terrain. La route secondaire en jaune peut parfois se concrétiser en piste à chameau ! C’est comme cela que nous avons tourné dans un village pendant une demi-heure – peu aidés par les indications contradictoires de ses habitants – sans trouver le chemin de la position que nous voyions juste devant nous.

Dans ces cas-là, après s’être entêté un peu (« la piste, là, sur la carte, c’est bien celle-ci, non ? Donc celle que nous cherchons devrait être là !..), rien ne vaut le retour aux fondamentaux : un rapide chevelu, une boussole, un tour d’horizon et le tour est joué ! Il était temps, nous aurions raté le filetto chez les Italiens…

 

Azimut 6380

Tour d’horizon

 

Un cobra égyptien qui n’a pas eu de chance

 

Un des poste MILAN

 

 

Être apte à faire campagne en tous temps et en tous lieux signifie aussi savoir se reposer dans les mêmes conditions !

 

9 avril

 

Le triduum pascal commence aujourd’hui. Pour joindre l’utile à l’agréable, c'est-à-dire pour « faire du contact avec la population » et pour sortir nos militaires de leurs cantonnements, j’ai décidé de faire participer les volontaires du contingent français aux offices des paroisses locales. Les militaires de NAQOURA étaient donc invités à se rendre à la paroisse maronite d’ALMA SHAB, ceux de 2-45 à la paroisse maronite d’AÏN EBEL et j’accompagne ceux de 9-1 à DIRDGGHAYA, paroisse grecque-melkite-catholique située à quelques kilomètres du camp. J’avais pris contact, la semaine dernière, avec le père William, curé de cette paroisse dédiée à saint Georges.

L’Église grecque, ou melchite, est l'héritière légitime des trois sièges apostoliques d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Ses origines se confondent avec la prédication de l’Évangile dans le monde gréco-romain de la Méditerranée orientale et l'extension du Christianisme au-delà des limites de l'Empire. La formation des patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, les premiers au concile de Nicée (325), le troisième à Chalcédoine (451), l'ont façonnée et en ont fait une entité territoriale et juridique.

Les chrétiens de ces trois patriarcats restés fidèles à la doctrine définie par le concile de Chalcédoine de 451 sont appelés « melkites » (fidèles à l’empereur, du syrien malek : roi, empereur) pour les distinguer des nestoriens et des monophysites. Les monophysites, qui ne voyaient dans la Personne du Christ qu'une nature divine-humaine, furent condamnés par le concile. Mais ils continuèrent de maintenir leur doctrine, ceci surtout pour des considérations politiques, antibyzantines, à l'égard de l'Empereur, garant de la vraie doctrine, de l' « orthodoxie ». S'opposer au Concile de Chalcédoine signifiait une sorte de protestation contre le pouvoir impérial, contre Constantinople. C'est ainsi que naquit l'expression « melkite », afin de désigner les vrais croyants, fidèles au dogme conciliaire. Ceux qui suivirent l'orthodoxie impériale et le patriarche « orthodoxe » furent nommés dès lors « melkites ».

 

 

L’église de DIRDGGHAYA

 

Les melchites sont fidèles aussi bien à Rome qu’à Byzance ; mais cette double fidélité sera mise à l’épreuve au cours de l’Histoire : certains suivront Byzance dans sa rupture avec Rome en 1054 (Église grecque-melkite orthodoxe), alors que les autres resteront toujours fidèles à Rome (Église grecque-melkite catholique). En 1724, à la mort du patriarche Athanasios III Dabbas, une double lignée de patriarches s’instaure, l’une orthodoxe, l’autre catholique. En 1729, Rome reconnaît Cyrille VI Tanas comme patriarche de l’Eglise grecque-melkite catholique. En 1848, le patriarche Maximos III Malzoum (1833-1855) obtient du Sultan la reconnaissance complète de son Église. Le patriarche actuel, Sa.Béatitude Grégoire III Laham porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem et réside à Damas. Dans le monde, 1 300 000 fidèles sont de rite melchite-catholique.

 

Le soir du Jeudi-Saint, les melchites célèbrent les matines de la Passion du Christ. L’office de Douze Évangiles, qui est normalement précédé des vêpres selon la liturgie de saint Basile, entièrement en arabe à l’exception de quelques invocations en grec, dure environ deux heures. Cela dit, les fidèles orientaux n’ont pas la même conception des offices que dans le monde occidental. Durant les cérémonies, ils ne restent pas sagement assis pour regarder ce qui se passe. On les voit entrer et sortir, parler entre eux ou aller faire leurs dévotions devant telle ou telle icône. Les enfants se promènent jusque dans le chœur, car il n’y a plus d’iconostase à DIRDGGHAYA, celle-ci n’ayant pas été reconstruite avec l’église après le bombardement israélien de 1993 (hé oui, Israël ne bombarde pas que les musulmans extrémistes…).

10 avril

Office de la Passion du Christ à DIRGGHAYA


Le Vendredi-Saint, les Églises d’Orient célèbrent les Funérailles de Jésus-Christ.

Après des hymnes et des lectures d’Évangiles – moins nombreuses qu’hier – la croix est déposée de l’autel et mise dans un cercueil orné de fleurs symbolisant le tombeau du Christ. Une procession est ensuite organisée dans l’église en portant le cercueil. Croix de procession en tête (un grand drapeau dont la hampe est surmontée d’une croix), suivie du thuriféraire qui marche à reculons en encensant, de l’évangéliaire et du célébrant, elle fait d’abord trois fois le tour de l’autel, puis le cercueil est reposé à sa place. L’office se poursuit alors par le chant d’autres hymnes et péricopes évangéliques. Le célébrant encense à plusieurs reprises le cercueil, les icônes et l’assemblée en chantant des répons, puis toujours pendant ces chants asperge tout le monde avec une eau parfumée de fleurs d’oranger, symbolisant le parfum qui devait embaumer le corps du Christ. Une nouvelle procession s’organise alors et sort de l’église. Á l’entrée, le cercueil est soulevé, et le clergé et les fidèles passent en dessous pour symboliser le passage du Christ de la mort à la vie, « mourir avec le Christ pour ressusciter avec lui. » dans certaines églises, on place le cercueil dans un tombeau confectionné un peu à la manière de nos crèches de Noël.

 

 

Le prêtre pose l’évangéliaire sur la croix                                           La procession

 

11 avril

 

Curieusement, la cérémonie de la Vigile pascale, célébrée à minuit, est très courte par rapport aux autres cérémonies de la semaine. Après les lectures de la messe, une procession s’organise à l’extérieur de l’église. On se regroupe près d’un autel qui est préparé à quelque distance de la porte et, après quelques lectures et oraisons, le célébrant se présente à cette porte – fermée – et dialogue avec un chantre resté à l’intérieur qui refuse d’ouvrir à plusieurs reprises. Le prêtre force alors le passage d’un coup d’épaule (en l’occurrence plusieurs, car ceux qui étaient derrière tenaient bon !) et la porte s’ouvre pour laisser le passage aux fidèles, les prêtres présents encadrant l’entrée. Je n’ai pas eu d’explications précises sur ce rite original, mais on peu supposer, à peu de frais, qu’il symbolise la victoire du Christ sur les Enfers.

 

12 avril

 

Dimanche de Pâques. Aujourd’hui les français du G.T.I.A ont rendez-vous à QANA. Á l’origine, nous devions participer à la messe de la paroisse grecque-catholique, mais étant donné que notre cérémonie sera suivie d’un buffet commun avec les protestants français et les chrétiens du contingent belge, l’horaire était un peu matinal et il aurait fallu patienter presque deux heures après la sortie de la messe.

 

 

Les Français attendant la fin de la messe paroissiale

 

Le curé de la paroisse Saint-Joseph et ses paroissiens nous reçoivent fort aimablement. D’autant plus aimablement qu’un homme âgé vient de faire un malaise à la fin de la cérémonie pascale et que deux de nos médecins qui sont présents peuvent intervenir immédiatement. Heureusement, tout se termine bien pour ce vieil homme qui peu repartir avec sa famille.

Environ quatre-vingt dix militaires étaient présents à la messe se matin, soit plus du double des pratiquants habituels du dimanche sur les sites de 9-1 et 2-45.

L’église de QANA, qui date d’une centaine d’années, a été restaurée récemment. C’est, contrairement à celle de DIRDGGHAYA, une église grecque-melchite « complète » : elle a son iconostase. L’iconostase est une cloison, de bois ou de pierre, qui, dans les églises de rite byzantin, sépare les lieux où se tient le clergé célébrant (sanctuaire, prothèse[1] et diaconicum[2]: du reste de l'église où se tiennent le chœur, le clergé non célébrant et les fidèles. Elle cache les célébrants aux regards de l'assemblée pour présenter à leur place des icônes, selon un programme bien précis. Une iconostase est en général considérée comme une porte vers le monde divin. Sa porte centrale est appelée « portes royales » ; les deux portes latérales sont les portes « diaconales. »

Á droite de la photographie ci-dessous, on peut voir la représentation du tombeau du Christ, dont la pierre est désormais roulée.

 

Prédication lors de la messe de la Résurrection

 

Après la messe, nous rejoignons le site de la grotte où nous attendent nos camarades pour le buffet. Avec la section d’alerte et la dizaine de soldats malaisiens qui se sont greffés, nous sommes cent quarante à partager le mezzé libanais apporté par un traiteur local.

La messe du soir à NAQOURA est célébrée dans un cadre très différent, puisque nous avons abandonné la chapelle de la French Component pour nous installer sur la terrasse des Champs-Elysées, la popote du général REPFRANCE.

Là aussi, on a plus que doublé les effectifs. J’en vois même qui étaient déjà ce matin à la messe de QANA. Le cadre ? Le buffet qui suit ? Ou tout simplement parce que c’est Pâques ? Impossible à dire, mais tout le monde est très heureux de se retrouver à cette occasion.

 

 

La messe de NAQOURA, devant la Méditerranée

 

Et, comme le dit un vieux dicton ecclésiastique : « Ubi missa, ibi mensa », « Là où il y a la messe, il y a la table » !, un barbecue très convivial nous attend. Le chef de cuisine du général nous a préparé de succulentes brochettes, arrosées de bon vin libanais. Peu à peu, les carnets de chants font discrètement leur apparition et nous retrouvons une bonne ambiance « popote », comme on les aime, avec moult chants militaires de tradition ou plus « gaillards » (ceux qui ne sont pas mes neveux et nièces peuvent remplacer le « g » par une autre consonne…) En bref, une Semaine sainte qui se termine dans la joie.

Le buffet et ses traditionnels œufs en chocolat…

 

17 avril

 

Drame aujourd’hui sur l’une de nos emprises : un V.A.B. français qui traversait la route pour rejoindre le camp a été heurté de plein fouet par une moto qui arrivait à vive allure. Pour parler clairement, le motocycliste roulait comme un fou et dépassait une voiture en plein virage et sans aucune visibilité. Je vous passe les détails morbides de la scène, mais il est inutile de préciser qu’il ne reste pas grand-chose d’une motocyclette heurtant un véhicule de 13 tonnes et qu’il en reste encore moins de son conducteur ! Le pilote du V.A.B.,  est bien secoué et les prévôts me permettent d’interrompre son audition pour tenter de le réconforter un peu. La nature humaine a ses limites et il est difficile de ne pas culpabiliser en de telles circonstances, même si l’on sait pertinemment que l’on n’a rien à se reprocher.

 

La suite au prochain épisode, qui reprendra, je l’espère, sur une note moins triste.


[1] L'absidiole de la prothèse est une niche de petite taille située sur la paroi septentrionale de l'autel où le prêtre prépare le pain et le vin pour la communion.

[2] L'absidiole du diaconicum est l'endroit du sanctuaire où on garde les vêtements liturgiques et d'autres éléments qui sont utilisés pendant les offices.

Par Oncle Jeff, - Publié dans : Chroniques libanaises
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Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 15:15



23 mars –  4 avril 2009

Et la vie continue… On ne peut pas dire qu’elle soit très reposante, mais je reconnais avoir une chance exceptionnelle au regard de ceux qui restent quatre mois dans ce beau pays enfermés derrière les barbelés de leurs emprises. Les cages sont dorées, mais elles restent des cages…


25 mars

Aujourd’hui, mission : SIROCO. Profitant de la navette biquotidienne par hélicoptère, je suis arrivé avant-hier soir à BEYROUTH. J’aurais pu n’arriver que ce matin, mais j’avoue que, après deux mois d’OPEX, passer deux nuits dans un vrai lit et avoir des sanitaires à disposition est fort appréciable. J’embarque donc dans la matinée sur le T.C.D. qui fait escale dans la capitale libanaise jusqu’à la fin de la semaine. Je retrouve à bord quelques militaires de NAQOURA, qui, en fin de mandat, sont rapatriés en France par voie maritime. Ils devront passer cinq jours en mer avant d’atteindre TOULON puis de rejoindre leurs résidences.

Le TCD SIROCO

 

Les transports de chalands de débarquement (T.C.D.) sont des constituants majeurs de la projection de forces par voie maritime. Ils agissent dans le cadre d’opérations interarmées et interalliées, pour transporter le plus souvent des éléments de l’armée de terre. Sa mission principale SIROCO est de transporter et de mettre à terre, sur une plage non préparée et en zone d’insécurité, 470 hommes et une centaine de véhicules dont 22 blindés. Á cet effet, le bateau possède un radier d’une superficie de 1732 m² qui lui permet de recevoir une batelerie standard composée de chalands de débarquement d’infanterie et de chars (CDIC) ou de transport de matériel (CTM) voire un petit bateau (patrouilleur, BSM, remorqueur).

 

 

Un chaland dans le radier

 

Le SIROCO offre une capacité importante de transport de troupes (en plus des 200 membres d’équipage), d’hélicoptères et de chalands. Le pont des véhicules (1000 m²) est relié au radier par un ascenseur d’une capacité de 49 tonnes ; il peut abriter le tiers des moyens d’un régiment. Les TCD possèdent par ailleurs des installations aéronautiques avec un hangar pouvant abriter 4 hélicoptères type Cougar et une plate forme de 1000 m2 adaptée à la mise en œuvre simultanée de 2 appareils. Au total, le Siroco possède des capacités aéronautiques de 1536 m² avec 4 spots d’appontage. De plus, il possède des installations médicales performantes pour conduire des missions sanitaires de grande envergure : deux blocs opératoires, deux salles de réanimation dont une aménagée pour les grands brûlés, une salle de radiologie, un laboratoire de biologie avec une banque de sang et un cabinet dentaire.

 

 

Comme la plupart des bâtiments de la « Royale », il n’y a qu’un aumônier à bord. Cette fois-ci c’est l’aumônier musulman. Le commandement du navire a donc demandé à l’aumônier catholique français de venir célébrer une messe à bord.

Après la messe, le mess… Nous déjeunons au « carré » du « Pacha » (le commandant du bateau). Les aménagements intérieurs sont beaucoup plus vastes que sur les frégates de type « Tourville » (la frégate De Grasse sur laquelle j’ai embarqué le mois dernier). On voit de suite que le navire est conçu pour transporter beaucoup de monde. De plus, il faut une fois encore reconnaitre que la marine nationale sait recevoir. Le menu est le même que l’équipage, mais la qualité de la présentation et du service sont tout autres : porcelaine, argenterie, le tout frappé de l’ancre de marine.

 

Sur la poupe du SIROCO

 

Le déjeuner pris, nous avons la chance d’assister à l’embarquement de deux chalands de transport. C’est assez spectaculaire. Le bateau vide ses balasts d’air et se remplit d’eau en ouvrant sa porte arrière. L’opération peut s’effectuer en pleine mer. Quand le niveau d’eau est suffisant, les chalands peuvent entrer et s’amarrer. Le bateau reprend alors son tirant d’eau initial et referme sa porte. Quand aucun matériel n’est stocké au fond du radier, celui-ci peut transporter dix CTM.

 

Les étapes de l’embarquement des CTM

 

27 mars

 

J’accompagne les prévôts de 9.1 en patrouille de surveillance générale dans la région de TIBNIN. Nous en profitons pour prendre notre repas à l’ordinaire italien de l’état-major de SECWEST (comprendre « secteur ouest »). La France a en théorie la meilleure cuisine du monde, mais, au Liban, les contingents étrangers ne se précipitent pas pour venir déjeuner chez nous. On comprend pourquoi quand on voit le menu des italiens… Bien sûr, il y a la « pasta », mais elle n’est en rien comparable aux nouilles qu’on sert sur les emprises françaises et on peut choisir entre trois ou quatre sortes. C’est la même chose pour les entrées, les plats principaux, les desserts et les boissons. Je comprends mieux pourquoi les Français en ballade dans le secteur ne rentrent à 9.1 qu’en début d’après-midi.

 

 

30 mars

 

Cet après-midi, j’assiste, à NAQOURA, à la réunion « infra » (lire « infrastructures ». Depuis quelques semaines, on nous a annoncé un plan de restructuration de l’emprise du contingent français. Les derniers vieux bâtiments restants, installés aux débuts de la FINUL en 1978, vont être remplacés par des « corimec » flambant neufs. Tout ce qui a été l’état-major du 420ème détachement de soutien logistique va être rasé. C’en est fini de la chapelle française et – surtout – de ma chambre, très petite, mais très pratique puisqu’elle est équipée – privilège quasi unique ici – d’un lavabo et d’une douche. On venait même de changer le ballon d’eau chaude ! La chapelle doit être déménagée d’ici début mai dans des « corimec » plus vastes. Mon successeur, quant à lui, sera logé dans un bâtiment en dur. Je resterai dans mes locaux actuels jusqu’à la relève.

 

31 mars

 

J’accompagne à nouveau les prévôts de 9.1 en « tournée de communes ». Cette fois-ci, nous patrouillons dans le nord de la zone FINUL, très montagneuse, où il n’aurait pas été étonnant de trouver de la neige en cette saison.

 

Les paysages lunaires de l’Anti-Liban

 

Á quelques kilomètres, on voit le mont Hermon (en arabe : Jabal as Sheikh, « montagne du cheikh » ou Jabal a-talg , « mont enneigé »). C’est une montagne de l'Anti-Liban, culminant à 2 814 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son sommet est à la frontière entre la Syrie et le Liban et il est, avec les faces ouest et sud de la montagne, sous occupation israélienne depuis sa conquête à l'issue de la guerre des Six Jours en 1967.

De nombreux peuples anciens le révéraient comme une montagne sacrée et y ont construit des temples et des tombes. Un peuplement juif est attesté au début de l’ère chrétienne ainsi qu’au Moyen-âge. Depuis le XIème  siècle, le Hermon est habité par les Druzes.

Il est cité à plusieurs reprises dans la Bible : au psaume 133 : « Comme la rosée de l'Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion. » et au Cantique des cantiques : « Viens avec moi du Liban, ma fiancée...Regarde du sommet de l'Amana, du sommet du Senir et de l'Hermon, des tanières des lions, des montagnes des léopards. » La chaîne montagneuse de l’Hermon porte également dans la Bible les noms de Sihon, Shanir et Sirion. Il est fort possible que la transfiguration ait eu lieu quelque part sur les pentes du Mont Hermon, Jésus et ses disciples ayant été précédemment aperçus dans « la région de Césarée de Philippe. » se situant à la base du Mont Hermon ; ce dernier pourrait ainsi être la montagne où Jésus emmena ses disciples.

 

Les prévôts de 9.1 devant le Mont Hermon

 

Notre itinéraire passe par KFAR CHOUBA et CHEBAA. Comme je vous l’écrivais la semaine dernière, les « Fermes de CHEBAA » forment une région de 25 km2 comprenant 14 fermes située au sud de CHEBAA, sur les pentes ouest du Mont Hermon, à proximité du point triple de frontière entre la Syrie, le Liban et Israël . Le village lui-même ne fait pas l'objet d'une contestation territoriale; seules les 14 fermes posent problème. La région est restée sous contrôle israélien après le retrait des forces israéliennes du Sud Liban en 2000.

L'origine du problème remonte à la période du mandat franco-anglais, période durant laquelle cette zone frontière était déjà mal définie entre l'Angleterre et la France. En effet, les administrations militaires française et anglaise avaient, durant la Seconde guerre mondiale, attribué ces fermes à la Syrie, mais cette attribution « à titre précaire » n'a jamais été confirmée de façon officielle, et ce jusqu'à la fin du mandat en 1946. Á la fin du mandat, une commission mixte libano-syrienne prit la place de l'ancienne commission franco-anglaise et décida, en 1964, d'attribuer cette zone au Liban. Le Liban ne s'est jamais montré fort intéressé par la question et a laissé la Syrie petit-à-petit s'installer et même distribuer des cartes d'identité syrienne à la place des anciennes cartes d'identité libanaises. En 1967, lors de la guerre, la région est incontestablement passée sous contrôle syrien.

Actuellement, les gouvernements libanais et syrien considèrent que les fermes de Chebaa sont partie intégrante du Liban. Par contre Israël les considèrent comme une partie du plateau du Golan  (donc d'origine syrienne...) Pour l’O.N.U., les fermes font partie du plateau du Golan (Syrie), puisque  la Syrie n'a pas donné suite aux demandes d'entériner par écrit sa position sur le statut libanais du territoire.  Le Hezbollah, quant à lui, utilise ces fermes comme une justification de la poursuite de ses activités contre Israël.

Le village de CHEBAA, accroché à la montagne

 

Nous passons ensuite à MARJAYOUN, village chrétien, où nous sommes cordialement reçus par le Sœurs de Saints-Cœur qui, comme à AÏN EBEL, tiennent une école de 800 élèves.

 

2 avril

 

Branle-bas de combat à la QRF ! Les AU F1 sont de sortie. Ce canon de 155 mm est monté en tourelle sur un châssis de char AMX 30. Il est servi par un équipage 4 hommes, protégés par la casemate des éclats ainsi que des effets NBC. Sa vitesse maximale de déplacement est de 60 km/h. Le délai de mise en batterie est inférieur à trois minutes et les sorties de batteries s'effectuent en moins de cinq minutes. Capable de tirer de façon omnidirectionnelle 6 obus en 45 secondes, ce canon automoteur a une portée de 28 km.

 

Les 155 AUF1 du GA4 (Groupe d’artillerie à quatre pièces)

 

Rassurez-vous ! Ce n’est pas la guerre. Il s’agit simplement d’un exercice de tir avec les artilleurs de l’armée libanaise. Régulièrement, les artilleurs des deux armées effectuent des écoles à feu conjointes afin de tester leur coordination et de renforcer leur capacité opérationnelle. Les Libanais sont dotés de canons de 155 mm M144.

Les tirs ayant lieu sur un réceptacle situé en mer, nous aurions dû voir les impacts sur l’eau. Malheureusement, depuis ce matin, une brume marine s’est levée sur la Méditerranée et nous peinons à voir la côte, à peine située à quelques centaines de mètres devant nous.

 

Les M144 libanais.

 

3 avril

 

Il faut tout essayer… Pour me changer de l’habituel KANGOO, le capitaine commandant la compagnie de génie du G.T.I.A. m’a proposé de piloter un M.P.G. (moyen polyvalent du génie). Le M.P.G. est un tracteur-chargeur utilisé pour les ouvertures d'itinéraires hors du feu de l'ennemi, le maintien des communications et l’aménagement des accès d'une coupure pour l’enfouissement de chars. Il équipe les groupes de combat du génie des unités motorisées et mécanisées. Pour simplifier, c’est un gros bulldozer de 24 tonnes, d’une dizaine de mètres de long et de 3 mètres de large, capable de porter dans sont godet une charge de deux tonnes.

Il est assez impressionnant de se trouver au volant de ce monstre en étant assis à plus de deux mètres au dessus du sol. Mais, une fois la prise en main faite, je ne dirai pas que cela se conduit comme une voiture, mais presque. Sous la surveillance experte d’un caporal-chef ancien, je sors le M.P.G. de son parking et je suis parti pour faire le tour de la position O.N.U 2-45. Sur l’héliport, je manœuvre le godet et je suis rentré très fier de mon exploit ! Je laisse quand même le caporal-chef garer l’engin en marche arrière… C’est plus prudent !

 

Le moyen polyvalent du génie

Au volant

 

4 avril

 

Ce matin, dans le cadre du contact avec les populations, je rends visite au curé de DIRDGGHAYA, petit village aux traditionnelles maisons libanaises en pierre taillée, à quelques kilomètres de 9.1.

 

Une rue de DIRDGGHAYA

 

Le curé grec-catholique (en arabe : roum-catholik) ne parle que quelques mots de français ou d’anglais, ce qui est assez surprenant pour un chrétien, même au Sud-Liban. Mais j’ai un atout de taille avec moi : l’aumônier musulman parle arabe comme une mosquée et l’échange est des plus chaleureux malgré la barrière de la langue. Pour le récompenser de son truchement, « abbouna » (Mon Père) William, offre à l’aumônier une bible écrite en arabe.

Al Abb William se plaint gentiment de n’avoir aucun contact avec les militaires français, alors que les Italiens, qui sont pourtant beaucoup plus loin que nous, viennent souvent à la messe du dimanche. Nous sommes donc invités avec insistance à participer aux offices de la Semaine sainte, qui sont très spectaculaires dans les liturgies orientales. Peut-être quelques membres du contingent français pourront-ils y assister jeudi et vendredi, mais nous avons prévu de passer le jour de Pâques à QANA. Sans doute irons-nous un prochain dimanche.

 

Al Abb William

 

Nous continuons ensuite nos contacts en allant déjeuner chez un habitant de DEIR KIFA… L’hospitalité libanaise n’est pas une légende…


 
Par Oncle Jeff, - Publié dans : Chroniques libanaises
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