Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /Août /2009 14:01

   

 


28 février –  7 mars 2009


28 février

 

 

Journée pluvieuse… et ce n’est rien de le dire. Les averses se succèdent depuis ce matin, la grêle venant parfois remplacer la pluie dans le dispositif… La route vers 2.45 est assez pénible, d’autant que le « Kangoo » n’est pas connu pour sa parfaite tenue de route. Mais le conducteur est prudent et nous arrivons sans encombre avant la nuit. Cela dit, nuit ou pas, on ne voit pas à 100 mètres en arrivant sur le site.
 

 

 

 


Avant le repas officiers, je fais mon tour habituel au centre médical. Je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit – à mon âge, on radote – le médecin-chef est un de mes amis dont j’ai fait la connaissance en Côte d’Ivoire. C’est un personnage haut en couleurs qui autorise chez lui une popote toujours très fréquentée… Ce soir, il ne viendra pas au repas officiers car il a prévu un barbecue avec les infirmiers. Au menu, rôti d’agneau farci aux herbes. Il ne fait pas chaud sous la tente, mais l’odeur qui monte du grill est bien tentante. Dommage… mais ces activités de cohésion sont assez régulières chez ceux qui nous recommandent de faire attention à notre ligne !

 

 

 

 

Il faut donc se diriger vers le « Village Gaulois ». Ce « village », situé à l’intérieur du camp français, est en fait un petit conglomérat de divers commerces. Outre deux restaurants dans lesquels les militaires viennent se changer un peu de l’ordinaire de la troupe, on trouve des boutiques de vêtements (authentiques contrefaçons de marques), de souvenirs du Liban (traditionnelles plaques gravées, arghilés de toutes tailles et couleurs, kéfiés,  et authentiques fausses antiquités phéniciennes) et d’alimentation.

Nous sommes une soixantaine réunis chez Bassel, un petit restaurant du Village Gaulois. Comme je l’espérais dans mes dernières chroniques, le repas officiers est « libanais ». On nous sert un mezzé, tradition de la gastronomie levantine. Il s'agit d'un ensemble de plats (d'une dizaine à une centaine) servis à l'occasion d'une fête ou d'un repas de famille. Chaque mets est servi dans une petite coupelle de manière à pouvoir multiplier les choix. On peut ainsi goûter un peu à tout, en prenant de petites bouchées à l’aide du pain plat libanais ou, pour les irréductibles franchouillards, avec la fourchette.

 

Les plats les plus communs dans ce genre de repas sont le hommos (purée de pois chiches et de sésame avec de l’huile d’olive), le fattouche (salade de crudités), le taboulé (le vrai, rien à voir avec la semoule nord-africaine : c’est une salade de persil plat assaisonnée au citron, avec un peu de boulgour, de menthe et de tomates coupées en dés), le baba ghannouj (caviar d’aubergine), les feuilles de vigne farcies, le chich taouk (brochettes de poulet), le chich kebab (brochettes de viande), etc.

Le repas est sympathique, mais, comme d’habitude, les convives se sont groupés par affinités et les militaires de la QRF ne côtoient pas vraiment ceux du GTIA. Il est vrai que les uns sont des cavaliers et les autres des fantassins. Pas le même monde… et paradoxalement, les cavaliers sont moins « coincés » que les tirailleurs.

Après le dîner, petit détour par le centre médical. Bien sûr, la soirée n’est pas terminée et l’ambiance est nettement plus détendue qu’au repas précédent ! Bon, on va encore se coucher tard à cause des docteurs… De toute façon, j’ai prévu de coucher à 2.45 cette nuit.

 

1er mars

 

La tournée habituelle du dimanche commence exceptionnellement par 2.45. Cela me permet une pause appréciable à DEIR KIFA le midi. Mais il faut que je retourne récupérer mes collègues à 2.45 cet après-midi. Départ prévu pour NAQOURA à 15h00. Dominique est prêt, mais Soufiane manque à l’appel. Après maintes démarches, nous le trouvons sur le terrain de football couvert, disputant une âpre partie du challenge inter-unités du GTIA. Nous partons donc sans lui… et au bout de vingt minutes, il nous appelle. Demi-tour, récupération du pax et je garde le volant jusqu’à NAQOURA, essayant d’ignorer trous, bosses et flaques d’eau… Nous arriverons à l’heure.

 

2 mars

 

Ce matin, nous partons pour BEYROUTH par la navette MI-8. Enfin, c’est ce que je croyais jusqu’à l’heure de l’embarquement… Le sergent-chef de J4 DTMM (J4 c’est le bureau logistique, mais DTMM ne me demandez-pas… bref, c’est la cellule qui s’occupe de ce qui est transit aérien, maritime ou routier) nous rend compte que l’hélicoptère est allé directement de MARJAYOUN à BEYROUTH sans passer par la case NAQOURA… En fait, un message leur avait été adressé la veille, mais, le dimanche, ils n’ont pas accès à la messagerie « Lotus ». Heureusement, un jeune caporal va réussir à nous « booker » sur le vol de l’après midi. Tant pis pour les rendez-vous de l’après-midi.

Nous mettons donc à profit ce temps mort pour aller nous promener en civil (ça fait du bien !) dans « la Rue », un petit tour chez Ali, quelques emplettes, casse-croute et nous avons encore le temps de faire la sieste avant le décollage prévu à 15h00. Le temps n’est toujours pas merveilleux. Il fait doux, mais il pleut.

 

 

Nous ne sommes que quatre pax à bord du MI-8. Avec sa capacité de 24 pax, nous ne sommes pas serrés !

 

Intérieur du MI-8

 

Vue du camp de la FINUL, à NAQOURA

Ce n’est pas le cas de tous les libanais mais Adel – le taxi beyrouthin des gendarmes – est ponctuel. Á peine sommes-nous à l’aéroport que sa « Subaru » blanche se présente à l’arrivée. Je suis parfois un peu téméraire, aussi prends-je place à l’avant de la voiture. J’ai déjà testé sa conduite : la même que les conducteurs locaux, en plus rapide, ce qui n’est pas sans causer quelques frayeurs. Mais on s’habitue à tout… malgré la circulation dense de la capitale, nous arrivons rapidement à HAMRA, un quartier musulman de BEYROUTH où j’avais mes habitudes hôtelières.

Je retrouve le « Marble Tower » intact, avec le même réceptionniste que jadis. Dans l’ensemble, l’hébergement est très correct. Les chambres sont confortables, avec baignoire et toilettes à l’intérieur et je ne crois pas que les bouteilles d’eau vides qu’on trouve sous les lits soient les mêmes qu’il y a cinq ans. En revanche, les prix – eux – ont changé. Le tarif spécial FINUL de 2005 est passé de $30 à $45.

L’avantage des missions à BEYROUTH est que l’on peut, si l’on dispose d’un peu de temps, joindre l’agréable à l’utile. C’est donc avec grand plaisir que je passe cette première soirée avec des amis libanais. Après un apéritif dans un bar « branché » un peu vide (la vie nocturne commence seulement le mercredi soir), nous montons à Broummana, à une vingtaine de kilomètres au Nord-Est, où habite Émile. Nous sommes « à la montagne », comme on dit ici et la température est fraîche. Excellent prétexte pour un feu de cheminée. C’est la première que je voyais fonctionner une cheminée au Liban. Finalement, peu importe la qualité de l’hôtel, car l’heure tardive de la fin des festivités de retrouvailles m’imposera de coucher sur place.

 

 

Avec Émile

 

3 mars

 

Se réveiller à Broummana, même quand on a peu dormi, est un réel plaisir. Du balcon, on voit d’un côté la montagne, très verte contrairement aux collines du SUD-LIBAN, et, quelques kilomètres plus bas, la mer… Quel dommage que le ciel ne soit pas parfaitement dégagé !

Avant les rendez-vous de l’après-midi, je fais visiter « Down Town », le centre-ville, à mon camarade Soufiane. Depuis mon dernier passage en 2006, rien n’a tellement changé. Les abords de la place de l’Étoile sont seulement un peu plus vides, et les accès y sont surveillés par les forces de sécurité libanaises.

La mosquée financée par Rafiq HARIRI, ancien premier ministre assassiné en 2005, est totalement achevée. Les minarets sont plus hauts que les tours de la cathédrale maronite Saint-Georges, située juste derrière. Il faut reconnaître que c’est un bel édifice.

La tente blanche que vous pouvez voir sur la photo protège le mausolée de HARIRI et de ses sept compagnons tués dans l’attentat. En 2006, beaucoup de monde le visitait. Cette fois-ci, il n’y avait presque personne.

 

 

 

Place des Martyrs, la mosquée et le mausolée de Rafic HARIRI

 

 4 mars

 

Ce matin, je me rends à HARISSA, village situé au-dessus de la localité de JOUNIEH, à 650 mètres d’altitude et à 20 km de la capitale par la route. Je dois visiter Sœur Denise, religieuse melchite de la congrégation de Notre-Dame du Perpétuel-Secours. (L'Église grecque-catholique melkite, Église grecque-melkite catholique ou Église catholique melkite est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melkites, avec résidence à Damas en Syrie.)

Le père de Sœur Denise était gendarme libanais pendant le mandat français. Je la connais depuis cinq ans, grâce à son petit-neveu Maroun, mon meilleur ami libanais. Nous correspondons depuis lors et c’est toujours un grand plaisir de la revoir. Elle est bien sûr francophone et surtout francophile convaincue. En m’expliquant que des sœurs de sa congrégation s’étaient installées à AIX-EN-PROVENCE, elle me disait que c’était un juste retour des choses : le LIBAN doit énormément à la FRANCE ; il est donc naturel que le LIBAN puisse aider la FRANCE quand elle en a besoin.

 

 

En conversation avec Sœur Denise

 

Après le café, les petits gâteaux faits maison et les bonbons, nous poussons jusqu’au sanctuaire de Notre-Dame du Liban. Le vent souffle, mais le beau temps semble s’être bien installé.

Harissa, centre focal des communautés catholiques libanaises, est un lieu de pèlerinage important. A partir de Beyrouth, on y monte à pied ou avec un téléférique. Le sanctuaire a été construit en 1904 pour le 50ème anniversaire du dogme de l’Immaculée conception. Une immense statue de Marie, appelée « Notre Dame du Liban », ou « la Vierge du Liban » y a été inauguré en 1908. A l’intérieur de la base de la statue, il y a une petite chapelle. Juste à côté, se trouve la cathédrale maronite, construite en béton et en verre. La fête principale est le premier dimanche de mai. Elle marque le commencement de la saison des pèlerinages. Les chrétiens ne sont pas les seuls à venir en pèlerinage. Chaque fois que j’y suis monté, j’ai croisé de nombreux pèlerins musulmans, dont nombre de femmes en tchador. Il semblerait que Marie soit invoquée à des fins de fécondité.

 

(Photo récupérée sur internet, celles que j’avais ne rendant pas bien les dimensions)

 

Sur la rampe d’accès à la statue avec Adel, notre fidèle taximan


5 mars

 

 

Aujourd’hui, la dernière visite de service est pour l’ambassade de FRANCE. Au retour, nous prenons un taxi service, qui klaxonne de deux coups brefs chaque passager potentiel arrêté sur le bord de la rue. Si celui-ci va dans la même direction, on l’embarque. J’avoue avoir du mal avec le système tarifaire, mais il semble qu’au final tout le monde y trouve son compte… Nous rentrons à midi passé et il faut libérer les chambres du « Marble Tower ».

BEYROUTH regorge de quantité de fast-food à la libanaise. C’est moins rapide que Mc DO, mais c’est nettement meilleur que les hamburgers. On y trouve des sandwiches au pain « arabe », nettement moins bourratifs que les sus-cités « Big Mac » et autres « cheeseburgers » et tellement plus gouteux. Mes préférés sont les « sâge » : la viande est cuite sur une sorte de dôme en métal sur lequel chauffe également le pain. C’est du sandwich « régime », puisque la graisse s’en va et que le pain est garni de crudités. Avant de retourner l’ordinaire de la troupe, nous savourons ce dernier « sâge » en fumant un arghilé, tabac aromatisé menthe et citron.

Les meilleurs choses ayant une fin, nous retrouvons Adel devant l’hôtel et prenons la direction du retour. Quand je vous disais qu’Adel est habile… à un carrefour où l’on ne peut tourner qu’à droite puisqu’il y a en face un muret de séparation des voies, il suffit, pour prendre dans l’autre sens, de s’engager à droite, puis de reculer sur 100 mètres au milieu des voitures qui – elles – roulent dans le sens autorisé, de faire une savante manœuvre et de rejoindre enfin la direction souhaitée. Le tout, évidemment, sous le regard impassible d’un agent de policenous aurions directement roulé à contre-sens sur ces 100 mètres. Cela ne gêne personne ici. La vie est tellement plus simple… et il n’y a pas plus d’accidents que chez nous.

 

 

 

Devant la Grotte aux pigeons avec Dominique CALLA et Soufiane EL BARIKI

 

Puisque nous avons gagné un peu de temps sur le trajet grâce à ces manœuvres subtiles, nous pouvons nous arrêter quelques secondes à RAOUCHÉ. La Grotte aux pigeons est un site naturel de toute beauté.

 

 

Descente du MI-8

 

6 et 7 mars

 

La vie « normale » reprend son cours…

Á bientôt !

Par Oncle Jeff, - Publié dans : Chroniques libanaises
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